jeudi 22 septembre 2011

drapeau à damier

Cette fois, il s'est abattu définitivement pour Michel Lecomte.

Il y a des gens comme ça qui nous marquent.
C'était le peintre officiel des 24h du Mans. C'était l'ami de nombreux pilotes. C'était mon professeur de dessin au collège.
Je n'étais pas particulièrement doué et je n'imaginais pas utiliser les arts plastiques autrement que comme un vague loisir entre la physique et l'histoire. Sauf que ce monsieur, il avait quelque-chose qui ne pouvait qu'éveiller mon intérêt pour sa matière : la passion des automobiles. Pour moi dont c'était le principal sujet de préoccupation, il ne faisait aucun doute que contrairement à mes camarades, j'avais un gros point commun avec lui. Et puis quand tu as 13-14 ans, un enseignant qui roule en Alpine A110, c'est trop la classe !

Je ne prétendrai pas qu'on était devenus amis mais je crois qu'il m'aimait bien. Cette passion commune nous permettait de parler "au delà" de la salle de classe, de sortir du cadre éducatif. Et d'ailleurs on s'est plusieurs fois croisé quelques années plus tard aux abords du mythique circuit des Essarts (défunt lui aussi). Et puis encore quelques années après, lors d'une de ses expositions, il m'a tout de même permis de rencontrer Bernard Dudot, alors directeur de Renault Sport et surtout Jean Rédélé, créateur de la marque Alpine. Des gens qu'on ne croise pas tous les jours dans nos chouettes provinces.

Quand je dis qu'il m'aimait bien, c'est surtout qu'il n'avait pas son pareil pour discerner les personnalités de ses élèves. Et justement, ç'a été le premier adulte "neutre" à me dire en face ce qui me confinait dans ma condition de joyeux cancre "qui a d'étonnantes capacités mais n'en fait presque rien" pour reprendre ce que j'ai si souvent entendu de la part du corps enseignant. Je ne vous répèterai pas ce qu'il m'a dit alors et devant témoin (mon frère, si tu caftes, je te pète tous tes objectifs !!!), mais je n'ai jamais oublié cette petite phrase destinée à me faire grandir... bon, ça a pris un temps monstre et j'ai mis des années à réellement comprendre tout le sens de ces quelques mots mais ils sont toujours là, bien au chaud, prêts à servir au cas où je déciderais un jour de devenir adulte...

Lorsque j'ai appris par hasard la disparition le 11 septembre dernier de celui qui a si longtemps été un de mes repères philosophico-spatio-temporels, je dois l'avouer, les larmes n'étaient pas loin.
Je vous renvoie vers son site et vers ce recueil qui retrace une grande partie de sa carrière.

Oui vraiment, il y a des gens qui nous marquent.

6 commentaires:

Margo a dit…

bel hommage ... ma foi une vocation pour l'écriture serait-elle née? à suivre

Olivier a dit…

Punaise, je découvre aujourd'hui cet espace d'expression, et aussi, bien malheureusement, la disparition de Monsieur Lecomte... Et je dois avouer que sans être au bord des larmes, je suis un peu assis par cette nouvelle. Parce que lui savait pertinemment de quoi il s'agissait lorsqu'il parlait d'un "mec bien"...

Le frère... a dit…

M'en fous... des objectifs j'en ai des tas !!!

Elian a dit…

J'ai bien dit TOUS !

Le frère... a dit…

Même les Zeiss en monture Hasselblad ???

Elian a dit…

arfff...